Les besoins sont constants no 5 : Abattre les obstacles pour un enfant malade

Tout a été fait pour fournir des gouttes ophtalmiques spéciales à base de plasma à un enfant atteint d’une affection rare

Inspiration

Le personnel de la Société canadienne du sang remplit les fioles de plasma stériles une à une.

Canadian Blood Services staff apportion the plasma into individual sterile ophthalmic vials

Tout a commencé lorsqu’un médecin, qui était à la recherche d’un médicament bien précis, a communiqué avec la Dre Kathryn Webert, directrice médicale. Un de ses jeunes patients était atteint d’une maladie rare — un déficit en plasminogène – qui entraînait la formation de membranes ligneuses dans ses yeux et elle cherchait une solution pour cet enfant. La Dre Webert a immédiatement entrepris une discussion avec ses collègues à l’interne pour déterminer comment la Société canadienne du sang pouvait aider.

« Le plasminogène est un précurseur de la plasmine, une enzyme qui détruit les caillots. La plasmine des larmes empêche généralement la formation de membranes ligneuses semblables à des caillots », explique William Sheffield, expert en plasma et directeur adjoint de la recherche au Centre d’innovation de la Société canadienne du sang. « C’est une maladie tellement rare; on parle d’un cas sur un million! De plus, elle est à peine documentée. À notre connaissance, c’est le seul cas au Canada. »

Les membranes ligneuses peuvent être retirées de façon chirurgicale, mais pour éviter qu’elles ne reviennent, il faut administrer des gouttes ophtalmiques spéciales faites de plasma humain et de plasminogène.

« Que fait-on lorsqu’un enfant canadien souffre d’une maladie rare et que nous seuls pouvons aider? Il nous a fallu unir nos efforts pour trouver un moyen », indique Craig Jenkins, gestionnaire principal au sein du groupe chargé du développement de produits et de procédés à la Société canadienne du sang.

C’était à lui et à son équipe de trouver une façon de fournir ce médicament.

« On s’est d’abord demandé si on pouvait obtenir ce produit ailleurs dans le monde. Après des recherches infructueuses, nous avons compris qu’il nous fallait trouver nous-mêmes la solution au sein de notre propre structure réglementaire, par l’entremise de Santé Canada », poursuit Craig Jenkins

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Craig Jenkins, senior manager of product and process development, removes a unit of plasma from a freezer
Craig Jenkins retire une unité de plasma d’un congélateur.

Pour commencer, Craig a reçu deux unités de plasma pour la recherche. Il devait déterminer comment il pouvait les utiliser.

« Nous n’avions pas de fioles pour gouttes ophtalmiques ni de méthode automatisée pour les remplir. Nous n’avions pas non plus de processus pour les expédier. Nous avons dû régler toutes ces questions avant de pouvoir aller de l’avant », souligne-t-il.

Le laboratoire de William Sheffield avait la responsabilité de déterminer la quantité de plasminogène voulue dans le plasma pour que le dosage soit adéquat pour l’enfant.

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Tamiko Stewart, project lead at Canadian Blood Services' Centre for Innovation, holds a filled bottle of plasma eye drops.
Tamiko Stewart, chef de projet au Centre d’innovation de la Société canadienne du sang, montre une fiole pour gouttes ophtalmiques de plasma.

Grâce au Programme d’accès spécial de Santé Canada, la Société canadienne du sang a obtenu l’autorisation de produire et d’expédier 680 fioles de ces gouttes ophtalmiques de plasma. Craig Jenkins et ses collègues ont trouvé des fioles ophtalmiques spéciales. Pour la préparation des gouttes, le plasma doit être introduit manuellement dans les fioles. Les fioles sont emballées dans de la glace sèche avant d’être expédiées à la banque de sang locale. La banque remet ensuite les fioles à la famille, qui les administre à l’enfant. D’après ce qu’on nous a dit, les gouttes fonctionnent et l’enfant se porte bien.

« Ce projet est le parfait exemple de ce que nous espérons accomplir chaque jour. Il est clair que ce patient avait besoin d’un médicament que nous seuls pouvions lui offrir », conclut William Sheffield.

Craig Jenkins rapporte qu’en tant que parents et employés de la Société canadienne du sang, William Sheffield et lui se sentaient personnellement investis de la responsabilité de mener ce projet à bien.

« Il n’y a rien que je n’aurais fait, sachant très bien que c’était quelque chose que nous seuls pouvions accomplir. Au bout du compte, c’est la Société canadienne du sang qui a répondu à la demande. Un enfant a été traité parce que nous étions convaincus de trouver une solution », affirme-t-il.

En raison des risques que représente la COVID-19, la population a été invitée à éviter les espaces publics en tout genre. Les besoins en produits sanguins sont toutefois constants. Nos centres de donneurs demeurent des lieux sécuritaires où l’on pratique la distanciation physique. Nous mettons quotidiennement à jour notre site Web à propos des mesures que nous prenons concernant la COVID-19, y compris celles qui visent à protéger la santé de nos donneurs. Pour prendre rendez-vous, vous pouvez utiliser l’application DonDeSang, appeler au 1 866 JE DONNE (1-866-533-6663) ou aller à sang.ca

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