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Rôle de la Société canadienne du sang dans le système de don et de greffe de tissus au Canada

Nous aidons les dix-sept banques d’yeux et de tissus du Canada à travailler ensemble

Innovation
14 mai 2020

Loreen Hardy-Ramey, greffée de cornées, et son époux, Noel (Arnprior, Ontario)

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« On aurait dit qu’une personne me mettait du sable dans les yeux avec une cuillère, puis qu’elle écrasait ce sable dans mes yeux avec ses pouces et que, de temps en temps, elle donnait un petit coup avec une brindille. » Voici comment Loreen Hardy-Ramey décrit sa vie avec la dystrophie cornéenne endothéliale de Fuchs, une pathologie génétique héréditaire de l’œil.

Sans la greffe de cornées qu’elle a reçue à l’été 2016, cette résidente d’Arnprior, en Ontario, aurait continué à souffrir tout en perdant la vue progressivement.

« J’ai été opérée quelques jours après mon anniversaire, alors cette greffe représente pour moi le cadeau de mes 80 ans », raconte-t-elle.

Avec le vieillissement de la population canadienne, nous devons nous attendre à une augmentation des besoins en cornées. Un seul donneur de tissus peut améliorer ou sauver la vie de 75 patients. Ces tissus sont utilisés pour soigner des patients qui se trouvent dans de graves conditions, comme les grands brûlés, ou qui sont atteints de maladies potentiellement mortelles, comme les enfants qui ont besoin d’un remplacement valvulaire. La greffe de cornées permet de restaurer la vue, tandis que la greffe osseuse et la greffe de tendons sont pratiquées chez les patients atteints de cancer, souffrant de lésions orthopédiques ou de blessures causées par la pratique d’un sport, pour leur permettre de retrouver une certaine mobilité et qualité de vie.

La Société canadienne du sang travaille de concert avec le milieu du don et de la greffe de tissus pour établir des bonnes pratiques, recueillir des données nationales, favoriser le développement professionnel, sensibiliser le public et améliorer le système de don et de greffe de tissus. L’un de nos premiers et plus grands rôles a été de rassembler et d’analyser les données nationales pour faciliter la tâche à nos partenaires.

« Il y a plus de dix ans, lorsqu’on nous a chargés de ce mandat, nous avons entrepris d’aider les différents acteurs du système de don et de greffe de tissus à travailler ensemble. À l’époque, personne ne savait combien de donneurs de tissus il y avait au Canada ni combien de greffes étaient réalisées », raconte Jim Mohr, conseiller principal et responsable du développement du système, Don et greffe d’organes et de tissus.

« Chaque province avait son propre système de suivi des dons et des greffes de tissus, et la plupart des gouvernements n’avaient pas accès à ces informations. C’est là où, en tant qu’organisme d’envergure nationale, nous avons décidé d’intervenir. »

Nous recueillons donc des données, que nous analysons afin de dégager des tendances. Cela permet aux programmes provinciaux de don et de greffe de tissus de connaître la situation dans leur région et de savoir où ils se situent par rapport aux autres régions. Ils peuvent ensuite se servir de ces informations pour prendre des décisions quant à leur fonctionnement. Les gouvernements et certains organismes nationaux s’en servent également pour orienter leurs discussions sur les pratiques et politiques à adopter à l’échelle nationale. Enfin, ces données peuvent être utilisées par la recherche.

Intérêt des données : améliorer l’accès aux greffes de cornées pour les Canadiens

La Société canadienne du sang s’est particulièrement attachée à travailler avec les acteurs du milieu du don et de la greffe de cornées pour élaborer des directives nationales et améliorer l’accès aux greffes de cornées pour les Canadiens.

« Grâce aux données que nous recueillons, nous avons pu déterminer qu’il y avait un problème d’équité concernant l’accès aux cornées destinées à la greffe. Le temps d’attente varie considérablement en fonction des régions – il peut varier d’un mois à deux ans selon les provinces », ajoute M. Mohr.

Une fois les données analysées, les acteurs du don et de la greffe de cornées ont entrepris de travailler ensemble pour renforcer la coordination interprovinciale et réduire les temps d’attente pour les greffes de cornées.

« Ces données sont essentielles. Sans elles, nous ne pourrions pas connaître les points à améliorer dans le système pour favoriser l’accès aux greffes. »

Élaboration de bonnes pratiques : mettre tout le monde sur la même longueur d’onde

Le travail mené par la Société canadienne du sang a également permis d’importantes conversations et prises de décisions. Par exemple, en 2016, après plusieurs années de travail, nous avons pu favoriser l’élaboration de directives cliniques pour réduire les risques de transmission de maladies associés à la greffe de tissus. Cela a mené à la publication de quatre articles dans des revues internationales et à une meilleure uniformisation des pratiques entre les provinces.

En ces temps de pandémie de COVID-19, nos équipes restent également mobilisées, puisque depuis le début de la pandémie, des acteurs du milieu du don et de la greffe de tissus au Canada participent, chaque semaine, à des téléconférences dans le but de partager leurs connaissances et d’élaborer des directives visant à uniformiser les pratiques dans tout le pays — notamment en matière de dépistage du coronavirus responsable de la COVID-19 chez les donneurs potentiels de tissus. Bien qu’à ce jour, aucune donnée n’indique que ce coronavirus se transmette par la greffe de tissus, il est important de minimiser les risques en attendant d’en savoir plus à ce sujet.

Enfin, les Drs Steven Drews et Sheila O’Brien, de la Société canadienne du sang, ont mené une étude en collaboration avec le Dr Antoine Lewin, Héma-Québec et les acteurs du milieu du don et de la greffe de cornées pour évaluer le risque de transmission de la COVID-19 aux receveurs, en fonction de l’incidence de patients asymptomatiques atteints de la COVID-19 et d’autres facteurs cliniques. Ils ont estimé, au terme de cette étude, que le risque de transmission demeurait très faible —plus faible que le risque de contamination communautaire. Il s’agit là d’une information essentielle à fournir aux patients avant leur opération.

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