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Un motocycliste de la Colombie-Britannique doit sa vie aux donneurs de sang

Nathan Olson a quelque chose en commun avec les dizaines de donneurs de sang qui ont permis de lui sauver la vie : son groupe O-.

Inspiration
4 septembre 2020
Nathan Olson on crutches, after the motorcycle crash, near the beach.

En un clin d’œil, ce père de cinq enfants de Nanaimo, en Colombie-Britannique, est passé de donneur à receveur de sang.

En ce bel après-midi du lundi de Pâques, Nathan et sa femme, Jennifer, décident de faire une balade à moto le long de la côte. Ils bouclent ainsi une matinée bien remplie passée à tailler et à coudre des masques-tubes qui permettront à leurs concitoyens de se protéger contre la COVID-19.

« Pour moi, conduire une auto, c’est un simple mode de transport, mais conduire une moto a toujours été un plaisir, raconte Nathan, âgé de 47 ans. On sent le vent dans ses cheveux et on est davantage en contact avec les éléments. J’aime vraiment ça. C’est une passion. »

Avant ce lundi fatidique, Nathan n’avait jamais été impliqué dans une collision. Mais ce jour-là, alors que le couple roule sur une route en travaux, un automobiliste qui descend en sens inverse à grande vitesse fait un écart à gauche et percute Nathan.

« En fait, ma jambe a été sectionnée sous la force de l’impact », précise Nathan.

Nathan Olson, seen here before a motorcycle crash in April 2020.


Nathan Olson, photographié ici avant son accident de moto en avril 2020, doit la vie aux donneurs de sang.

Des témoins et des donneurs de sang ont joué un rôle crucial

Heureusement pour Nathan, plusieurs automobilistes ont assisté à la collision et se portent à son secours. Notamment, une infirmière, qui se précipite à ses côtés dans le boisé où il a projeté, et un chauffeur de remorqueuse, qui lui tend sa ceinture pour qu’elle en fasse un garrot.

Nathan est ensuite transporté à l’hôpital de Nanaimo, d’où il est aéroporté vers celui de Victoria. Il a plusieurs côtes cassées, un poumon perforé, des lésions aux reins, et a perdu une grande partie de sa jambe gauche.

Nathan Olson, seen here with his wife Jennifer Olson, on crutches posing together at the beach.


Nathan a subi de graves blessures, dont la perte d’une grande partie de sa jambe gauche, dans un accident de moto en avril 2020.

Il passera six semaines à l’hôpital. Mais un autre chiffre est encore plus important dans l’esprit de Nathan : 42. C’est le nombre d’unités de sang dont il a eu besoin pour survivre à ses terribles blessures. Ce nombre l’impressionne encore, surtout quand il repense aux fois où il a lui-même donné du sang.

« Quand on va donner du sang, il y a une vingtaine de personnes présentes en même temps dans la salle : des donneurs, des personnes en train de remplir le questionnaire et d’autres qui attendent, explique Nathan, qui estime avoir donné du sang à 24 reprises environ à des collectes de la Société canadienne du sang. Donc, 42 unités, ça représente le double de ces personnes. »

Comment puis-je donner du sang?

Puis-je donner?

Nathan Olsan donating blood while holding up a sign before his motorcyle crash.


Avant son grave accident de moto, Nathan donnait du sang régulièrement.

Nathan sait bien que c’est plus qu’une simple affaire mathématique. Le groupe sanguin du donneur doit également correspondre à celui du patient. Nathan est du groupe O-, un groupe que l’on retrouve chez seulement 7 % des Canadiens. Ce groupe est compatible avec tous les autres groupes sanguins; il est donc très précieux dans les situations urgentes où on n’a pas le temps de vérifier le groupe d’un patient. Mais cela veut aussi dire que Nathan peut uniquement recevoir du sang de ce groupe.

Le fait de recevoir du sang après en avoir donné a cristallisé pour Nathan l’importance du don de sang. Après son accident, il décide de parler de son expérience sur les réseaux sociaux afin d’encourager ses connaissances à donner du sang. Selon lui, il a eu la vie sauve grâce à un travail d’équipe. Les premiers membres de cette équipe ont été l’infirmière et le chauffeur qui a tendu sa ceinture pour stopper l’hémorragie. Mais rapidement, cette équipe s’est agrandie pour inclure les donneurs de sang.

« Mon médecin aurait eu beau être le meilleur de la Terre, sans sang, il n’aurait pu me sauver la vie, poursuit Nathan. Donner du sang, c’est comme se tenir à côté du chirurgien pendant une opération vitale et l’assister. Vous faites partie de l’équipe de chirurgie. »

Grâce aux donneurs de sang, Nathan a eu la vie sauve et a pu faire la connaissance d’un nouveau membre de la famille, sa petite-fille, Emersyn Olson. Ils se sont rencontrés pour la première fois après les nombreuses interventions subies par Nathan et sa longue hospitalisation.

Nathan Olson holding his granddaughter, Emersyn Olson


Grâce aux donneurs de sang, Nathan a pu faire la connaissance de sa nouvelle petite-fille, Emersyn Olson.

Guérir en temps de pandémie

La perte d’une jambe a nécessité une importante adaptation de la part de Nathan. Il est mécanicien d’entretien dans une usine de pâte à papier, un emploi très physique, et lorsqu’il retournera au travail, il portera une prothèse.

De plus, il traverse cette dure épreuve en pleine pandémie. En raison de l’interdiction des visites à cause de la COVID-19, il s’est senti bien seul pendant son séjour à l’hôpital. À présent, il est heureux d’être rentré à la maison, entouré de sa famille, dont ses fils de 15 à 24 ans. Dans les semaines qui ont suivi l’accident, penser à ses amis et à sa famille l’a aidé à garder le moral.

Nathan Olson, centre, with his wife, five sons, daughter-in-law and grandson posing together.


Nathan Olson, au centre, en compagnie de sa femme, de ses cinq fils, de sa belle-fille et de son petit-fils. Nathan a perdu une grande partie de sa jambe gauche dans un accident de moto en avril 2020.

« Je me rappelle de m’être dit, étendu sur mon lit d’hôpital, combien j’aimerais me retrouver au bord de la rivière en camping, autour d’un feu de camp à bavarder avec ma famille et mes amis. »

En juillet, il a finalement eu l’occasion de vivre ce voyage de camping. Il songe à donner du sang à nouveau. Cela pourrait prendre un certain temps avant que sa santé le lui permette, mais il imagine déjà sa prochaine rencontre avec des donneurs de sang, à Nanaimo, en Colombie-Britannique.

« Je me vois très bien en train de marcher avec ma prothèse et dire aux gens "j’ai survécu grâce à vous" ».

Le besoin de sang est constant pour les patients de l’île de Vancouver et d’ailleurs au Canada. La Société canadienne du sang a besoin de donneurs, alors pourquoi ne pas prendre rendez-vous avant et pendant la fin de semaine de la fête du Travail? Pour prendre un rendez-vous, téléchargez l’application DonDeSang, allez à sang.ca ou composez le 1 866 JE DONNE (1-866-533-6663).

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