FAQ – Test de dépistage du VIH

 
Comment la Société canadienne du sang fait-elle les tests de dépistage du VIH ?

Lorsqu’une personne donne du sang, nous recueillons environ 450 ml aux fins de transfusion et expédions une petite quantité à l’un de nos laboratoires pour analyse.

Nous faisons des tests de dépistage des anticorps et d’amplification des acides nucléiques (TAN) pour chaque don. Le test d’amplification des acides nucléiques est une technique d’analyse ultrasensible utilisée pour détecter la présence du virus de l’hépatite C et du VIH (virus de l’immunodéficience humaine). Ce test réduit la période de latence sérologique, c’est-à-dire le temps entre l’infection initiale et le moment où le virus peut être détecté, car il détecte même les petites quantités de matériel génétique viral présentes peu de temps après l’infection, mais avant que l’organisme ait commencé à produire des anticorps.

Comment est effectué le test ?

Nous faisons d’abord le test des acides nucléiques en laboratoire sur un mélange de six échantillons. Si le résultat est négatif, cela signifie que tous les échantillons du mélange sont négatifs. Si le résultat est positif, nous testons alors chaque échantillon séparément pour déterminer celui qui est positif. Lorsqu’un résultat ressort positif, nous informons le donneur et, au besoin, nous lui transmettons, ainsi qu’à son médecin, des renseignements plus détaillés. Tout produit sanguin fait à partir de ce don est éliminé.

Il y a longtemps que la Société canadienne du sang utilise ces tests ?

Nous avons commencé à utiliser le test des acides nucléiques pour détecter le virus de l’hépatite C en 1999 et nous l’utilisons pour le VIH-1 depuis 2001.

Quelle est la période de latence sérologique pour le VIH ?

Environ neuf jours.

Qu’est-ce que la période de latence sérologique exactement ?

La période de latence sérologique, qu’on appelle aussi « période silencieuse » est le temps entre l’exposition du donneur au virus et le moment où le virus devient décelable par les tests de recherche d’anticorps. Le test d’amplification des acides nucléiques raccourcit considérablement cette période, car il détecte la présence du virus plus tôt.

Les tests sont-ils fiables ?

Selon l’expérience internationale, le risque découle de la période de latence sérologique. Le test d’amplification des acides nucléiques est donc utilisé en plus du test de dépistage des anticorps parce qu’il détecte la présence du virus avant que l’organisme fabrique des anticorps.

Quelle est la norme internationale pour le dépistage du VIH ?

La plupart des pays développés combinent le test de dépistage des anticorps et le test d’amplification des acides nucléiques, mais quelques pays européens utilisent uniquement le test de dépistage des anticorps.

Si les tests sont efficaces, pourquoi est-il nécessaire de vérifier l’admissibilité des donneurs ?

Nous évaluons tous les donneurs potentiels afin de réduire le plus possible le risque de transmission de maladies infectieuses. Le sang recueilli est soumis à des tests rigoureux de dépistage de maladies infectieuses, d’établissement du groupe sanguin et de compatibilité sanguine. L’évaluation des donneurs a pour but de réduire le risque d’infection pendant la période de latence ainsi que le risque de transmission d’infections pour lesquelles il n’y a pas de test. Cette évaluation fait partie d’un processus à volets multiples conçu pour protéger les réserves de sang.

Si la période de latence n’est que de 9 jours, pourquoi la période d’attente des HARSAH après un contact sexuel avec un homme est-elle aussi longue (3 mois)?

Avant l’introduction des tests de dépistage du VIH, au milieu des années 80, des milliers de Canadiens ont été infectés par des produits sanguins contaminés. La Société canadienne de la Croix-Rouge (qui était à l’époque l’organisme responsable des réserves de sang du Canada) a établi que seraient dorénavant non admissibles au don de sang tous les hommes ayant eu des rapports sexuels avec un autre homme ne serait-ce qu’une fois depuis 1977. Cette décision a été intégrée aux règlements de Santé Canada en 1992. En 2013, cette non-admissibilité à vie a été remplacée par une période d’attente de 5 ans après le dernier contact sexuel avec un homme; période qui est ensuite passée à 1 an en 2016. Ces changements ont été effectués à la suite, d’une part, d’une étude approfondie de données scientifiques et épidémiologiques et, d’autre part, d’une consultation des parties directement concernées, dont des associations de patients ayant besoin de grandes quantités de sang et de produits sanguins, et des groupes des communautés lesbienne, gaie, bisexuelle, trans et queer (LGBTQ+).  

En juin 2019, Santé Canada a approuvé la demande de la Société canadienne du sang de réduire à 3 mois la période d’attente après le dernier contact sexuel avec un homme des HARSAH. Notre démarche est basée sur les données scientifiques et des consultations auprès des parties directement concernées. Ces changements graduels sont des étapes importantes vers une politique qui continue d’assurer la protection des réserves de sang tout en étant le moins restrictive possible. De nombreux grands fournisseurs de monde, comme ceux des États-Unis, de l’Australie et des Pays-Bas ont adopté une période d’attente de 1 an. Le Royaume-Uni, quant à lui, a adopté une période d’attente de 3 mois, comme le Canada. 

Nous étudions maintenant la possibilité de sélectionner les donneurs en fonction des risques posés par leur mode de vie. En partenariat avec Héma-Québec et grâce aux fonds de Santé Canada, nous appuyons 15 projets de recherche portant sur divers aspects des critères d’admissibilité et de la sélection des donneurs de sang et de plasma. L’objectif de ce programme de subventions unique est de recueillir des données empiriques pertinentes dans le but de trouver d’autres méthodes d’évaluation, ce qui pourrait faire évoluer les critères d’admissibilité actuels des HARSAH. En savoir plus

Notre objectif est de trouver une solution à long terme qui privilégie la sécurité des patients tout en minimisant les répercussions sociétales pour certaines tranches de la population.